🎙️ Dans ce nouvel épisode d’À vous le Micro-Commerce, pars à la rencontre de Yesmine, fondatrice de BBMine Création, une entrepreneuse passionnée qui a fait de la personnalisation artisanale un véritable langage émotionnel 🎁🤍
À travers BBMine, Yesmine imagine et fabrique à la main des cadeaux uniques, brodés en France, pensés pour accompagner les moments forts de la vie, en particulier autour de la naissance et de l’enfance. Chaque création raconte une histoire, transmet une attention et crée du lien, bien au-delà de l’objet.
Animée par l’envie de remettre l’humain et l’émotion au cœur de l’acte d’achat, elle défend un artisanat à taille humaine, une production responsable et une vision engagée du micro-commerce, où le sens compte autant que le geste.
Dans cet épisode, Yesmine partage son parcours entrepreneurial, les défis qu’elle a rencontrés, ses choix de création et ses conseils pour entreprendre avec créativité, exigence et authenticité, sans jamais perdre de vue ce qui l’anime profondément 💬
Bonjour et bienvenue à tous ceux qui sont curieux de découvrir des récits inspirants d’hommes et de femmes entrepreneurs. Ici, vous êtes sur le podcast de la chaîne À vous le micro-commerce. Chaque mois, on s’entretient avec un entrepreneur pour connaître tout de son quotidien et des coulisses de son activité : ses freins, ses ambitions, ses fiertés… bref, son quotidien. Et aujourd’hui, nous accueillons Yesmine et son entreprise BBMine Création. Il s’agit de coffrets et de cadeaux personnalisés avec de la broderie qu’elle réalise elle-même. C’est parti, suivez-moi !
Bonjour Yesmine.
Yesmine : Bonjour.
Bienvenue à notre podcast. On est ravie de t’avoir. Tu as créé la marque BBMine Création : c’est une reconversion professionnelle. Quel a été ton cheminement avant la création, et avant même de devenir auto-entrepreneure ?
Yesmine : Pour tout te dire, je n’en ai pas vraiment eu. Tout a commencé il y a une dizaine d’années, quand j’organisais les baby showers de mes copines pour leur premier enfant. J’aimais beaucoup les coffrets naissance, surtout personnalisés, parce que je trouvais que c’était une attention plus personnelle, qui fait toujours plaisir.
J’achetais différents articles dans le commerce, et j’avais trouvé sur les réseaux sociaux une personne qui les personnalisait pour moi. Une, deux, trois baby showers… puis des cousines, des copines en ont voulu aussi. J’ai commencé à poster sur les réseaux, et de fil en aiguille, j’ai eu des commandes.
Donc au début, c’était en dehors de ta vie professionnelle ?
Yesmine : Oui, complètement.
Raconte-nous ta formation initiale et ta vie professionnelle.
Yesmine : J’ai un master 2 CCA (comptabilité, contrôle, audit), en apprentissage. J’ai fait deux ans en audit dans un grand cabinet, puis j’ai été consolideuse des comptes pendant 17 ans. Et cette passion, je l’ai développée à côté, surtout le week-end. Au départ, c’était vraiment pour mes proches, c’était du loisir.
Est-ce qu’il y a eu un déclic qui t’a fait te dire : “Ça y est, je me lance vraiment” ?
Yesmine : Ce n’est pas un déclic. Les aléas de la vie ont fait que je me suis retrouvée dans une situation particulière au niveau de ma santé. J’ai eu besoin de quelque chose pour m’aider à surmonter cette épreuve. La broderie et la création m’ont vraiment aidée.
À ton avis, qu’est-ce que les travaux manuels peuvent apporter au bien-être ?
Yesmine : Ça permet de penser à autre chose, de se concentrer sur quelque chose de différent, de s’évader. Et surtout, de laisser place à sa créativité : faire ce qu’on veut, sans que personne ne nous oblige à quoi que ce soit.
Et il y a aussi la satisfaction de créer.
Yesmine : Oui, d’avoir un produit fini qu’on a fait de A à Z. C’est une fierté, de savoir qu’on l’a fait soi-même.
Rentrons dans le concept de BBMine Création. Quelle est ton offre produit et l’idée de l’entreprise ?
Yesmine : Mon offre phare, ça a commencé avec les coffrets naissance : couvertures pour bébé, protège-carnets de santé, bavoirs… le tout personnalisé avec le prénom, principalement via la broderie.
Au départ, je sous-traitais la broderie. Puis, c’est mon mari qui a pris la relève. À mes 35 ans, j’avais reçu une machine à broder… que j’ai laissée trois mois dans son carton. Et un dimanche, mon mari m’a dit : “Ça suffit de payer quelqu’un.” Il s’est mis sur la machine, et pendant quelques années, c’est lui qui brodait les articles.
Plus tard, avec mon souci de santé, il m’a dit : “Je vais te former, ça t’aidera à penser à autre chose.” Et ça a vraiment marché. Ça m’a aussi permis de grandir sur les réseaux sociaux.
Instagram, c’est ton seul canal aujourd’hui ?
Yesmine : Jusqu’à peu, oui. Instagram était mon principal canal. Mais là, j’essaie de me développer sur TikTok et Snap. Je ne te cache pas que j’ai du mal. TikTok, il faut vraiment prendre la main… mais on dit que la conversion peut être plus importante, selon les produits. En tout cas, la communauté grossit plus vite.
Est-ce que tu as bénéficié d’un accompagnement ? Qu’est-ce que ça t’a apporté, et quels conseils tu donnerais ?
Yesmine : J’ai fait quelques coachings Instagram : ça m’a aidée à être plus à l’aise et à mieux maîtriser la plateforme.
Et depuis peu, je suis accompagnée par la BGE, notamment pour monter un dossier afin d’essayer d’obtenir des fonds pour le développement de l’entreprise. J’ai aussi suivi des formations : “Développer sa visibilité sur les réseaux sociaux”, très intéressante, et “Créer ses données prévisionnelles”, parce que je devais monter un business plan.
Je motive vraiment toute personne qui se lance à se faire accompagner.
En termes de financement, tu es sur tes fonds propres aujourd’hui ?
Yesmine : Oui.
Tu envisages un prêt, par exemple pour investir dans des machines ?
Yesmine : Pas tout de suite. Mais à terme, si je veux me développer davantage, il faudra sûrement y réfléchir. Je sais qu’il y a des structures qui prêtent à taux zéro. Et surtout : il faut se faire accompagner, sortir de chez soi, aller dans les salons. Depuis que je fais ça à temps plein, je vois qu’en sortant, on récupère énormément d’infos et d’aides. Il faut juste se bouger.
Si tu fermes les yeux : BBMine Création dans 5 ans, c’est un point de vente ?
Yesmine : J’aimerais bien, oui. On était à Lisbonne il y a deux ans, on passait devant une boutique… et je l’imaginais avec une déco sympa. Donc oui, c’est ce que je souhaiterais.
Tu as un sourcing de qualité. Comment tu l’organises ? Tu as des exigences particulières ?
Yesmine : Oui. Comme ce sont des articles destinés aux bébés, j’accorde une attention particulière à la qualité des tissus, notamment des tissus Oeko-Tex, pour éviter les matières qui pourraient provoquer des allergies.
Je choisis tout selon mes goûts. Et c’est vrai que, comme j’ai des filles, mon offre pour les garçons était un peu limitée. J’ai compris qu’il fallait développer cette partie-là, donc je travaille sur davantage de motifs pour garçons.
Tu as pu tester ton offre dans la boutique Small is Big (Altavia Foundation). Quel est ton bilan pour l’instant ?
Yesmine : C’est génial. Je n’aurais pas pu rêver mieux : c’est tombé à pic. Je venais d’arrêter mon travail salarié, je me suis dit que c’était le moment de développer BBMine Création. Après avoir grandi sur les réseaux, je songeais à un point physique, mais seule, c’était compliqué.
J’ai découvert l’offre Small is Big via un partage Instagram. Je me suis dit : c’est important de partager en story, parce que c’est comme ça que j’en ai pris connaissance. J’ai postulé, j’ai été retenue, et j’étais très contente.
On le rappelle : Small is Big, c’est une boutique multi-créateurs qui permet de tester son offre sur trois mois, les week-ends, au cœur des Puces de Saint-Ouen. C’est aussi une aventure collective, avec une dizaine d’entrepreneurs.
Yesmine : Oui, chacun a son espace, et il y a une vraie entraide. J’ai été étonnée de l’entraide au sein du groupe, et ça me plaît beaucoup. Humainement, je trouvais que ça se perdait, surtout dans le monde d’où je viens. Là, j’ai été agréablement surprise, et ça me fait vraiment plaisir.
C’est peut-être aussi parce que vous partagez les mêmes réalités.
Yesmine : Oui, on se comprend. L’entrepreneuriat, c’est dur, et le petit commerce aussi.
Est-ce que tu trouves un équilibre entre perso et pro ?
Yesmine : C’est encore compliqué. C’est nouveau, il faut le temps de s’adapter. C’est fatigant : la semaine, il y a les formations et tout le développement, et le week-end, il faut vendre. Mais c’est tellement sympa qu’on prend sur soi. On ne s’ennuie pas, et c’est très créatif.
Quels sont tes axes pour développer ta clientèle ?
Yesmine : À moyen terme, j’aimerais développer la clientèle entreprise : CSE, entreprises… Parce que j’ai souvent des commandes de salariés qui se cotisent pour offrir un cadeau à un collègue qui vient d’avoir un bébé. On m’a suggéré d’aller directement voir les CSE, et je trouve que c’est une très bonne idée.
J’aimerais aussi développer une gamme de goodies : doudounes avec logo, stylos personnalisés, gourdes, mugs… pour les entreprises.
Tu proposes des doudous ou des peluches ?
Yesmine : Au tout début, j’en proposais, mais on ne m’en commandait pas beaucoup, donc j’ai arrêté. Dernièrement, une cliente m’en a réclamé. J’en ai déjà commandé un que j’ai reçu, donc je vais essayer d’en intégrer un ou deux.
On peut te retrouver sur Instagram… et ailleurs ?
Yesmine : J’ai un site internet, et il fonctionne très bien. Je suis en train de le retravailler pour le rendre encore plus sympa. Et je suis sur Wix.
Tu l’as développé toute seule ?
Yesmine : J’ai rencontré une personne sur Instagram, qui est devenue une copine. Elle m’a accompagnée au début pour la création du site, puis elle m’a montré comment ça fonctionne. Maintenant, je sais faire les changements, gérer les photos… et pour des photos plus professionnelles, je fais appel à quelqu’un.
Quel a été ton plus grand défi ?
Yesmine : Quitter mon job. La consolidation, c’est un métier que j’aime beaucoup. Ça a été la décision la plus difficile, et encore aujourd’hui. Mais je pense que ma place n’était plus là-bas, et j’ai la chance d’avoir un hobby qui plaît et qui me fait vibrer.
Et depuis que j’ai pris cette décision, beaucoup de choses se sont placées : j’ai trouvé un fournisseur en une heure en allant à un salon. Et grâce à Small is Big, j’ai pu tester un rêve que j’avais enfoui : ouvrir une boutique.
Tu as envie de donner un conseil ?
Yesmine : Oui : quand vous ne vous sentez plus bien quelque part, partez. Il y a parfois des signes : c’est peut-être le moment d’aller vers autre chose. Souvent, on a peur du changement, surtout quand on est dans une situation confortable. Mais quand on n’est plus bien, c’est votre lumière qui s’éteint. Alors que vous pourriez développer autre chose ailleurs.
Quel est ton retour d’expérience sur les marchés ?
Yesmine : En décembre dernier, c’était la première fois que je faisais différents marchés. Et sincèrement, c’était trop bien. L’ambiance est géniale. Et comme je viens avec ma machine pour broder sur place, les clients aiment beaucoup : on discute, on échange… J’ai rencontré des personnes géniales. Et je me suis rendu compte que ça marchait bien physiquement.
C’est fatigant, bien sûr, surtout sur une journée : il faut tout transporter, installer, remballer… Mais ça vaut le coup.
Tu as envie de faire des marchés de centre-ville ?
Yesmine : J’en ai fait un dans la ville voisine de chez moi, un marché couvert d’une journée. Pour débuter, c’était bien. Peut-être que l’an prochain, j’envisage le marché de ma ville, qui est en extérieur et dure trois jours. J’aime bien tester de nouvelles expériences.
Pour terminer : quels conseils donnerais-tu à de futurs entrepreneurs ?
Yesmine : J’en ai deux.
Le premier : lancez-vous. N’hésitez pas. On se dit souvent “Et si ça ne plaît pas ?” Mais vous ne perdez rien.
Le deuxième : faites-vous accompagner, et surtout sortez de chez vous. Beaucoup de choses se débloquent en rencontrant du monde. Il y a plein de choses gratuites, beaucoup d’aides, même sans fonds. J’ai rencontré des fournisseurs que je cherchais depuis des années… en un salon.
Quel salon, justement ?
Yesmine : Première Vision. Je n’y étais jamais allée. C’est très important dans le textile. C’était génial.
Pour les tissus, j’avais déjà mon fournisseur. Mais je cherchais surtout un atelier de fabrication, parce que je veux développer d’autres produits plus “industriels”, comme des pyjamas, des sweats… et là, j’ai besoin d’un atelier.
Est-ce que tu aimerais aussi cibler des boutiques multimarques ?
Yesmine : Je n’y avais pas pensé, mais pourquoi pas. D’ailleurs, à Small is Big, une dame est passée en me disant qu’elle a une boutique et qu’elle aimerait vendre les bavoirs que je propose. Donc oui, à terme, je pourrais développer des revendeurs. Il y a plein de choses à faire… mais il faut sortir de chez soi.
Merci infiniment. On se retrouve sur tes comptes : tu peux rappeler ton Instagram ?
Yesmine : C’est BBMine Creation et sur TikTok, c’est pareil : partout, je m’appelle BBMine Creation.
Merci infiniment.
Yesmine : Merci.
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